TRAVAIL : Emploi et expatriation

 

Travailler au Brésil, l'expérience d'un expatrié qui n'a pas voulu revenir en France

le 11/3/2010 à 11h07  par Solange Bailliart

Poster un commentaire : (0 avis)    Augmenter la taille du texte Diminuer la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par email

Jean Gautier, originaire de Bretagne, est arrivé au Brésil en 1970 pour une mission de 6 mois. Trente ans après, ignorant le mot “retraite”, il se lance à son compte à Sao Paulo, en rachetant un pressing. Portrait d’un homme qui ne connait pas le mot vacances.

En 1970, Jean, envoyé par Danone, débarque à Sao Paulo pour prendre immédiatement la route vers le Minas Gerais, à Poços de Caldas, une jolie station thermale à 1300 mètres d'altitude.

C'est déjà la région qui produit le plus de lait (et de café) au Brésil. Il est détaché auprès de la Coopérative Laticinios Poços de Caldas dans laquelle Danone détient des parts.

Le Brésil sera le premier pays, en dehors de l'Europe, où  le groupe agroalimentaire français  lance sa marque de produits laitiers. En 1972, la première usine est inaugurée à Sao Paulo où Jean s'installe.

Fin des années 90, alors qu'on lui propose de le mettre en pré-retraite à 55 ans, Jean préfère continuer à travailler. Il rejoint la Coopérative Laitière de Sao Paulo, une société 100% brésilienne qu'il connaît bien. Il y travaille comme consultant pour s'occuper du développement et de l'assurance qualité.

Au Brésil, la loi autorise les retraités à exercer une activité professionnelle  tout en touchant  une pension, qui n'est en général pas très élevée.

Une nouvelle aventure

 
En 2007, alors que son contrat se termine, Jean commence à réfléchir à un nouveau projet professionnel. Cette réflexion ne durera que quatre mois. Au cours d'une promenade dans le quartier de Moema., Jean remarque l'enseigne Cinq à sec.

A partir de ce moment, tout se déroule très vite. Il consulte le site internet de la société dont le siège Brésil se trouve à Alphaville, prend contact et  rencontre les dirigeants trois jours plus tard. Avec l'assistance des services du siège (et grâce) un bon relais avec les prédécesseurs, l'achat de la franchise est conclu.

Si l'obtention du CNPJ (Cadastro Nacional da Pessoa Jurídica est un numéro unique attribué par la Receita Federal do Brasil au moment de l'enregistrement de la personne morale lui attribuant le droit de conclure des contrats, d'émettre des factures et d'ester en justice.) n'a pris que trois mois, les procédures sont toujours en cours d'approbation pour les licences de fonctionnement.

« Tout est très bureaucratisé et long et il faut être patient. Le plus important est de s'entourer des services d'un bon expert comptable et d'un avocat » explique Jean.

« Passer du statut de salarié à celui de chef d'entreprise n'est pas une chose simple. On doit tout gérer soi-même sans l'assistance d'une Direction des ressources humaines ou les services comptables et financiers » avoue-t-il.

Après avoir travaillé dans l'alimentaire, Jean découvre le secteur du service. « La difficulté vient du métier lui-même. Le vêtement est comme une seconde peau et nécessite une très grande attention. Les Brésiliens sont très exigeants sur la qualité et il faut être d'autant plus vigilant que le personnel n'a pas de qualifications. »

Les normes de sécurité et d'hygiène sont très strictes au Brésil et particulièrement dans ce secteur où on utilise des solvants pour les lavages à sec. Jean a signé un contrat auprès d'une société homologuée qui vient tous les six mois contrôler la santé de ses employés.

En ce qui concerne les problèmes environnementaux, la société Cinq à sec est en cours d'homologation de l'ISO 14000 qui permet le triage et le recyclage des déchets toxiques.

Les problèmes de  main-d'oeuvre

 
Sa difficulté principale réside dans le manque de formation de la main-d'oeuvre et depuis quelque temps dans la pénurie d'employés pour le travail du repassage. La pénibilité et le niveau du salaire en sont les principales raisons.

« Aujourd'hui les gens touchent environ six mois de salaire lorsqu'ils sont au chômage. Durant cette période, ils travaillent à la journée, souvent sans être déclarés, ce qui leur assure un revenu plus intéressant que s'ils travaillaient officiellement. »

Le pressing de Jean fait en moyenne deux cents pièces par jour, soit cinq mille pièces par mois. Le prix d'une pièce est en moyenne de onze reais ( soit 4€51 ).

Il emploie six personnes au salaire moyen mensuel de neuf cents reais ( soit 369€).

Pour une micro-entreprise, le taux de l'imposition est calculé sur le chiffre d'affaires. Il est de l'ordre de 12%. Les charges salariales représentent 70% du salaire mais peuvent atteindre 105% si l'on ajoute la retraite, l'alimentation et le transport.

Pas de retour en France

A une certaine période de sa vie Jean s'est posé la question d'un retour en France. “C'est la famille qui manque le plus. Mais après le décès de mes parents, j'ai compris que ma vie était au Brésil, près de la famille de ma femme qui est du Minas Geiras”. Jean a deux filles de 30 et 32 ans qui ont fait leurs études au Lycée Pasteur de Sao Paulo. Elles ont la  double nationalité, exercent  un métier, l'une dans une société de production de films et l'autre comme photographe free-lance.

Quels sont les projets d'avenir pour cet homme qui ignore le mot vacances ? Il se donne cinq ans pour voir comment les affaires tournent. “Si l'une de mes filles est intéressée, elle peut reprendre l'affaire. Sinon je peux toujours revendre ma franchise et passer à autre chose. Une chose est sûre, tant que je suis en bonne santé il n'est pas question que je reste sans activité dans une ville comme Sao Paulo ! ”

Brésil

Poster un commentaire : (0 avis)

Liens commerciaux

Français du Monde : le portail de l'expatriation et des expatriés

Français du Monde est une production conjointe Hikari Productions (articles, vidéos) et Sumhit (développement et référencement)

Nous éditons également des sites sur l'Asie : Chine, Japon, Corée, Inde et sur les JO 2008

Vidéos d'humour des télés étrangères